François SIMON-FUSTIER – Prix « Échange et transfert de technologies » – 2015

François Simon-Fustier est le lauréat 2015 du Prix du maître d’apprentissage dans la catégorie «Échange et transfert de technologies». Découvrez son témoignage…

Son « plus pédagogique » :
“Des fiches de process, de travail et de méthode : tout est balisé, normé, mesuré, chronométré.”

La maison est en travaux mais le sous-sol est prêt depuis longtemps. Nickel, propre, fonctionnel. Un outil pour passer le temps de manière optimum.
L’horloger de la Croix-Rousse a quitté [son] plateau il y a quelques mois pour s’installer à “quelques” encablures, à Caluire. “Nous avions besoin de place”, assure-t-il.

Unique horloger français à détenir un brevet de maîtrise supérieur — “Ma plus grande fierté ? Être jugé par un de ses concurrents” — ce maître du temps reste fier de la singularité qui régit la vie de l’artisan : “Nous sommes les seuls à former nos concurrents. Toute la philosophie s’exprime à travers ce paradoxe. L’élève est appelé à dépasser le maître !” Qu’en pense Robin ? Sept ans qu’il apprend à côté de François. CAP, brevet des métiers d’art, des connaissances qui s’affinent et s’expriment au fil du temps, tout semble réglé comme du papier à musique pour qu’à terme, le jeune homme poursuive son chemin. “Je l’associe depuis quelques temps à toutes les décisions et je souhaite qu’il se forme à la gestion d’une entreprise”, renchérit François, pédagogue dans l’âme.

Son conseil aux apprentis :
“Bosser, bosser et bosser !”

Il s’est constitué son propre protocole, son propre référentiel : fiches de process, fiches de méthode (comment faire une opération particulière), fiches de travail (process étape par étape), ce professionnel reconnu qui veille également sur l’horlogerie de grands châteaux français, s’est constitué au fil du temps un véritable abécédaire pour son métier. “Mes apprentis ? Ils me permettent de rester en éveil.” En retour, ils les façonnent pour devenir… des horlogers ! “Je respecte le centre de formation chargé de les former mais à mes yeux ça reste du bachotage. Chez moi il touche à tout ; beaucoup d’usinage, de grosses pièces, des gros mécanismes. Je fournis les outils, la matière. Ils utilisent le tour etc. Je joue le prof et en plus je les paie [rires].” Avant de flirter avec le temps, tous sont passés par l’examen d’entrée made in Simon-Fustier : l’horloge comtoise.

Une ligne directrice et… à eux de s’exprimer !

Quant à l’usage des technologies, elle a un impact considérable sur le travail des apprentis. La mise en place de la géolocalisation des pièces constitue également un vrai plus ; comme le logiciel en 3D qui permet de reproduire une pièce en taille réelle. “Cet exercice me permet de juger très vite le sens créatif et méthodique de la personne en face de moi”. François, lui, est toujours autant en éveil : soutenu pour avoir développé un concept innovant de modélisation, il ambitionne de devenir maître d’art. Ce qui ferait de lui le premier horloger français, évidemment !